24/11/2017
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ACC a construit au début des années 60 les célèbres voitures SNCF du mythique train « Le Mistral » dont les parois étaient en inox.   En 1961, la firme cherche à se diversifier et construit ses

ACC a construit au début des années 60 les célèbres voitures SNCF du mythique train « Le Mistral » dont les parois étaient en inox.

 

En 1961, la firme cherche à se diversifier et construit ses premières caravanes, les A.C.C ARVERNE.

 

 

Un châssis poutre sur lequel sont soudées des entretoises, un train roulant à roues indépendantes, une armature en acier électrozinguée, des parois en acier inoxydables UGINOX, des angles et le toit en polyester, dix vitres tout autour de la caravane, telles sont les principales caractéristiques des caravanes ACC à l’esthétique novatrice en ce début des années 60.

 

Plusieurs brevets sont déposés avant la mise en production.

 

Tout au long de la fabrication de ces caravanes, les essayeurs louent la qualité du châssis et du train roulant qui font de ces caravanes de très bonnes routières. La publicité disait d’ailleurs que c’étaient les meilleures routières européennes (ce qui est probablement vrai).

 

Un système de freinage original et très efficace contribuait au sentiment de sécurité lorsque l’on tractait une A.C.C. Ce système qui avait été également breveté par la firme A.C.C obligeait à monter sur la voiture tractrice une boule de remorquage de diamètre 60 mm à l’intérieur de laquelle un piston actionnait les freins de la caravane simultanément à ceux de la voiture.

 

D’après les témoignages que j’ai pu recueillir, ce système était très efficace et parfois, la caravane freinait la voiture. Toutefois, ce freinage demandait, lors de la pause de l’attelage, de créer une dérivation sur le système de freinage de la voiture, modification très difficile à effectuer de nos jours sur une voiture actuelle.

 

D’autre part, la boule 60 mm ne permettait pas de tracter d’autres caravanes qu’une ACC. C’était également un bon moyen de fidéliser la clientèle.

 

En 1961, deux longueurs de carrosserie sont proposées : 3,40 m et 4 m.

 

Les roues sont déjà indépendantes et sont montées sur un pont arrière de 403.

 

L’Auto-journal publie un article flatteur sur ces premières ACC.

 

En 1963, apparaît une caravane de 3 m de long. La commercialisation par Renault de l’Estafette se traduit pour les ACC par un changement du train roulant. Les roues sont toujours indépendantes et montées sur un train arrière d’Estafette. Les petites ACC ont des roues de Renault Dauphine tandis que les grandes 400 ont des roues de Renault Estafette. Les finitions se diversifient. Il existe la finition A d’entrée de gamme et la finition B plus luxueuse.

 

Les A ont un toit de couleur jaune et le tour de la caravane n’est pas entièrement vitré. Le cabinet de toilette n’est pas aménagé et le mobilier intérieur est en chêne vernis. Les rideaux sont jaunes assortis au toit.

 

Les B ont un toit bleu, le tour de la caravane entièrement vitré et le cabinet de toilette aménagé. La cuisine comporte un réfrigérateur ou une glacière, les meubles sont en acajou et les rideaux clairs à motifs marins. Les roues possèdent un enjoliveur inox.

 

Sans atteindre le choix proposé par les concurrents, une véritable gamme est maintenant proposée à la clientèle.

 

Pour l’année modèle 65, la face arrière est redessinée avec une grande baie panoramique s’ouvrant par projection (à la place de deux baies moins hautes coulissantes) et des feux arrières ronds et rouges, de marque Scintex, incorporant les clignoteurs, les freins et les feux de position.

 

Les modèles changent de nom. Les finitions « A » deviennent « GT » (Grand Tourisme) et les finitions B deviennent « GL » (Grand Luxe).

 

Des séries spéciales sont produites :

Quelques ACC 400 GT ont les meubles intérieur laqués en blanc ;

Quelques ACC 400 GL ont un châssis différent, semblable à celui des marques concurrentes.

 

La longueur de 4,00 m semblant trop courte, le bureau d’étude construit un prototype d’Arverne 5,50 m plus long, mais celui-ci ne sera jamais commercialisé.

 

En effet, pour le salon 1966, la nouvelle gamme RUSH apparaît, d’apparence plus moderne. Sur un châssis semblable (de section carrée au lieu de ronde), la carrosserie est cette fois-ci beaucoup plus carrée, toute en polyester nervuré blanc. Les premières ACC Rush peuvent avoir une face avant et arrière bleu clair.

 

Les ACC Rush ne laissent pas non plus le public (et les amateurs de caravanes anciennes) indifférent. Le jugement est binaire : Une Rush plait ou ne plait pas. Il n’y a pas d’intermédiaire.
Pour moi, ce sont des ACC, elles me plaisent et roulent très bien.

 

Les intérieurs des nouvelles caravanes sont dessinés par un décorateur caravanier.

 

La décoration intérieure de ces caravanes semble austère pour les essayeurs de l’époque, mais elle participe beaucoup aujourd’hui au charme de ces caravanes.

 

Les carrosseries sont proposées en trois longueurs différentes : 3,60 m, 4,40 m et 5,30 m (ce qui est le premier pas d’ACC dans la caravane semi résidentielle). Ces nouvelles caravanes prennent le nom de RUSH. Leur comportement routier est toujours aussi exemplaire (d’après les essayeurs de l’époque) mais elles sont pour la plupart livrées avec un système de freinage à inertie et une attache sur boule de 50 mm plus traditionnelle.

 

Michel, qui travaillait avec son frère et son père pour le concessionnaire ACC de Toulouse se souvient des ACC Rush qu’il a vendues. Les caravanes étaient très lourdes en flèche et avaient un comportement routier exemplaire. Michel proposait un essai routier aux futurs clients et lorsqu’il conduisait, il n’hésitait pas à faire rouler la caravane sur le bas coté de la route. Les clients étaient impressionnés.

 

 

Toutefois, suite à la demande de la clientèle, la gamme traditionnelle des ACC Arverne 340 GL et 440 GL reste encore en production quasiment jusqu’à l’arrêt de la production.

 

En 1971, ACC lance une nouvelle caravane de petite taille (3m) : la TEXAS avec également des innovations techniques.

 

Fin 71, les dirigeants d’ACC sont face à un dilemme : ACC vient de remporter un gros contrat auprès de la SNCF et la place manque dans l’usine de la rue du Pré-la-Reine, en plein cœur de Clermont-Ferrand. Peu de temps après, les usines ACC cessent de produire des caravanes pour se consacrer à son activité essentielle, le matériel ferroviaire.

 

Les caravanes ACC étaient bien distribuées avec un réseau très dense de concessionnaires. Elles étaient également exportées vers la Belgique, le Luxembourg, le Maroc, le Portugal, la Suisse, la Cote d’Ivoire et la Haute-Volta.

 

Monsieur FALIN de Perpignan (66) écrit dans la revue “Rétroviseur n° 95 – Juillet 1996” qu’il a vu une ACC dans le Parc National des Montagnes Rocheuses aux USA.

 

En 1965, une ACC 300 GT coûtait : 7.600 Frs ; une 340 GT : 8.400 Frs ; une 340 GL : 9.100 Frs ; une 400 GT : 8.950 Frs et une 400 GL : 9.850 Frs (sources revue “Plein feux caravaning N° 2 – 3 avril 1965”).

 

L’aventure des caravanes ACC a duré dix ans. Au plus fort de la production, 6 caravanes sortaient de chaîne par jour. Chacune était testée sur la route autour de Clermont-Ferrand par une 403 appartenant à l’usine. Cette voiture avait la particularité d’avoir deux boules d’attelages (une normale en 50 mm et une en 60 avec système de frein breveté ACC et piston de freinage hydraulique).

 

Ce bref historique, certes encore incomplet a été réalisé à partir des revues de « l’époque » : Caravaning, l’Auto-journal,… Si l’on lit la presse des années 60 début 70, peu d’articles sont écrits sur les caravanes ACC. Les modèles ne varient pas beaucoup et la concurrence est alors importante.

 

Cet article a également pu être réalisé grâce aux témoignages d’ancien employés des usines ACC, de concessionnaires ACC et l’observation des mes propres ACC.

 

En aucun cas, je ne me suis inspiré d’articles récents sur les caravanes ACC.

 

Michel Frechengues

 

Autres sources :

Caravanes de France et d’ailleurs (1920-1960) Sylvie et Franck Méneret, ETAI

Merci à Vincent Philippon pour sa documentation http://cara-vintage.com/

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