| La peinture de notre caravane Notin était à
peine sèche que nous prenions la route de notre première rencontre
RCCF, à Avesnes-sur-Helpe.
L’accueil, l’ambiance allaient-ils être à la
hauteur de l’idée que nous nous en faisions ? La réponse
fut oui lors de notre arrivée, elle fut encore oui lors de notre
départ, et elle est toujours oui à ce jour, après
le recul nécessaire qu’il faut avoir par rapport aux évènements.
Nous arrivons avec le beau temps le jeudi 1e mai. Accueil chaleureux,
première prises de contact, et en route pour l’atelier-musée
du verre à Trélon qui se trouve au sein d’une région,
l’Avesnois, qui comptait à la fin du 19e siècle une
dizaine de verreries (l’activité verrière est née
de la présence des massifs forestiers qui offraient le combustible
alors que le sous-sol fournissait du sable siliceux et de la calcite).
L’atelier-musée est installé dans une ancienne verrerie
qui ferma ses portes en 1977. Il s’agissait à l’origine
d’une fabrique de combustibles appelée « verrerie noire
» qui après la guerre 14/18 se convertit dans le flaconnage.
Après cette agréable visite, petit détour par Felleries
pour la visite du musée des Bois Jolis (travail du bois). Ensuite,
retour sur Avesnes où nous attend un apéritif de bienvenue
que nos papilles gustatives surent apprécier !
Le lendemain matin, vendredi, certains profitant du quartier libre qui
leur était proposé, allèrent flâner sur la
marché d’Avesnes, typique pour les uns, atypique pour les
autres. Ce marché d’une autre époque restera gravé
dans beaucoup de mémoires !
Pour nous mettre en appétit pour notre pique-nique, nous visite
la fromagerie de Cerfmont, à Maroilles. Senteurs fortes garanties
! Nous découvrons la fabrication de manière entièrement
artisanale des fromages (Maroilles, Dauphin et Boulette d’Avesnes).
Affaire familiale, elle produit 35 tonnes de fromages par an.
Aiguisés par la faim, nous prenons en convoi la destination de
la forêt de Mormal. Installation, dégustation tranquille
quand la pluie se met de la partie. Tous aux abois… sous les arbres
tout proches. La bonne ambiance n’est pas altérée
pour autant. Cette pluie nous prive malgré tout de la promenade
pédestre et digestive sur les remparts du Quesnoy. Cela nous a
quand même permis d’appréhender la perspicacité
de la maréchaussée locale, qui a confondu l’un des
nôtres en train de soi-disant téléphoner au volant
alors qu’il se grattait l’oreille !
Le ciel devient plus clément pour la visite de la Pommeraie du
Val des Roys. Camille Bottiau nous reçoit dans sa ferme et sait
capter l’attention de notre groupe lors de la visite qu’il
commente avec compétence et professionnalisme. Il sait en outre
distiller un peu d’humour dans ses explications relatives à
sa production, essentiellement orientée vers les fruits rouges.
Evidemment, la dégustation qui s’en suivit (cidre, confitures,
vins…) se passa sous le signe de la bonne humeur.
Retour sur Avesnes, et là, comme d’habitude, semble-t-il,
en de telles circonstances, échanges divers et variés entre
petits groupes, avec bien sûr l’évocation intarissable
de tous les sujets gravitant autour de notre passion commune : les caravanes
anciennes.
Samedi matin, le soleil est de retour, chacun vaque à ses occupations,
les conversations de la veille reprennent leur cours. Détente,
sérénité, convivialité : il s’agit bien
d’une rencontre du RCCF.
L’après-midi, les portes de l’écomusée
de Fourmies s’ouvrent à nous. L’idée directrice
de ce musée (prix européen 1990 du Musée de l’Année)
a été d’empêcher que les vieilles machines de
cette ancienne fabrique textile, fermée en 1978, ne partent à
la casse, et ainsi mettre en valeur la notion de patrimoine industriel.
La fabrique a entièrement été restaurée, les
machines de diverses époques ont été remises en état
et fonctionnent. La guide, femme énergique et fort sympathique,
nous fait découvrir les différentes phases de fabrication
des produits de la filature, et n’hésite pas à utiliser
des produits en cours d’élaboration pour s’en servir
de couvre-chef et transformer ainsi l’un des nôtres en parfait
lord de justice anglais un peu précieux certes, mais criant de
vérité au point de l’entendre rendre sa sentence malgré
le vacarme des machines !!! N’est-ce pas Philippe Dujardin ? Humour,
quand tu nous tiens !
Trêve de plaisanterie, la visite continue, et à travers
les boutiques, un estaminet, une salle de classe, un atelier de tisserand
reconstitués, nous découvrons les difficiles conditions
de vie des ouvriers de l’époque, sans oublier évidemment
la tragique fusillade du 1e mai 1891. Visite intéressante et poignante,
qui nous a conduit à ne pas oublier ce passé si récent.
Le soir, nous nous retrouvons autour d’une bonne table, celle de
« La Crémaillère » à Avesnes, avec, selon
le guide rouge Michelin, « sa cuisine mariant tradition et créativité
dans cette maison ancienne en briques du pays des fromages forts ».
Madame Andrée Coursin-Notin nous y rejoint et irradie notre groupe
de sa sympathie et de sa gentillesse. En fin de soirée, lors de
notre retour pédestre au bercail, elle ira jusqu’à
nous faire une démonstration du bon fonctionnement de la cinématique
de sa 206 coupé cabriolet ! Dois-je vous décrire la qualité
de l’ambiance ?
Le dimanche matin fut consacré aux préparatifs de départ
pour les uns, et fut l’occasion d’un farniente très
ensoleillé pour les autres.
Mon épouse et moi-même avons vécu cette première
rencontre comme une très agréable découverte. Elle
fut sympathique, conviviale et très remarquable en termes de chaleur
des échanges. Des échanges qui se sont d’ailleurs
poursuivis au-delà de ce week-end, avec entre autres les remerciements
de Madame Coursin-Notin quant à la qualité de l’accueil
que lui a réservé le groupe.
C’est sûr, nous participerons aux prochaines rencontres.
Enfin et surtout, félicitations à Gisèle et Benoît
Stevens pour leur sens de l’organisation et l’équilibre
du très intéressant programme qu’ils nous ont proposé.
Guy Hénon |